Simone et Henri Chilly
Après ses études à l’Ecole Rabbinique, Henri devient rabbin en 1931 et en février 1933 épouse Simone Lehmann originaire de Belfort et descendante d’une grande lignée de rabbins. Ensemble, ils auront trois filles (Nicole, Danièle et Françoise), puis trois garçons (Jean-Pierre, Joël et Jacques).
Mobilisé en tant qu’aumônier militaire en septembre 1939, il arrive à Montpellier (zone libre) en juin 1940 et organise immédiatement la communauté juive forte de nombreux réfugiés d’Alsace-Lorraine, de Belgique et du Luxembourg.
Le rabbin Schilli, visite régulièrement les camps de la région où sont internés des milliers de Juifs étrangers, réussissant à en faire sortir de nombreuses personnes et en particulier des enfants qu’il parvient à cacher et à sauver en liaison avec l’OSE et les réseaux de résistance juive, tels la « Sixième » ou le réseau Garrel.
Après la guerre, Henri Schilli participe à la reconstruction de la communauté juive de France et plus particulièrement dans le domaine de l’éducation qui était sa priorité. Il est, avec d’autres, à l’origine de la création de l’école Yabné à Paris, enseigne chaque semaine à l’école de cadres Gilbert Bloch à Orsay et devient le rabbin des Eclaireurs Israélites de France dont il avait été l’un des membres fondateurs dans les années vingt.
Il s’occupe également de nombreux enfants de déportés recueillis dans les Maisons de l’OSE, essayant d’apporter du réconfort à ces orphelins démunis, et de leur transmettre les valeurs juives.
En 1951, il est nommé Grand Rabbin, directeur de l’Ecole Rabbinique de France où jusqu’à son décès en 1975, il forme et influence par son enseignement et sa personnalité toute une génération de rabbins et d’enseignants.
Dans ses fonctions de rabbin et d’éducateur, Henri fut parfaitement aidé tout au long de sa vie par Simone qui accueillait toujours chaleureusement dans son foyer les personnes que lui amenait Henri, tenait table ouverte et avait un mot gentil pour chacun.
Après la mort de son mari et pendant vingt-cinq ans, Simone Schilli a travaillé bénévolement au Bureau du Shabbat, organisme de placement pour des juifs soucieux de ne pas travailler le shabbat et les jours de fêtes.
Henri et Simone Schilli seraient certainement très fiers que l’on donne leur nom à l’une des Maisons Negba en Israël qu’ils aimaient infiniment.